Nietzsche, la séduction des mots (Jenseits… § 16)

Il y a toujours encore d’inoffensifs introspectifs qui croient qu’il y a des « certitudes immédiates », par exemple « je pense », ou, comme c’était la superstition de Schopenhauer, « je veux »: comme si ici la connaissance obtenait de saisir son objet pur et nu, comme « chose en soi », et que ni du côté du sujet ni du côté de l’objet n’intervenait de falsification. Que cependant « certitude immédiate », tout comme « connaissance absolue » ou « chose en soi », enferment en soi une contradictio in adjecto, je le répèterai sans arrêt: c’est qu’il faut enfin se libérer de la séduction des mots.

Es giebt immer noch harmlose Selbst-Beobachter, welche glauben, dass es „unmittelbare Gewissheiten“ gebe, zum Beispiel „ich denke“, oder, wie es der Aberglaube Schopenhauer’s war, „ich will“: gleichsam als ob hier das Erkennen rein und nackt seinen Gegenstand zu fassen bekäme, als „Ding an sich“, und weder von Seiten des Subjekts, noch von Seiten des Objekts eine Fälschung stattfände. Dass aber „unmittelbare Gewissheit“, ebenso wie „absolute Erkenntniss“ und „Ding an sich“, eine contradictio in adjecto in sich schliesst, werde ich  hundertmal wiederholen: man sollte sich doch endlich von der Verführung der Worte losmachen!

Jenseits von Gut und Böse, § 16

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