Benny Lévy sur la révolution culturelle

in: Le Livre et les livres, p. 58 (cf. billets précédents):

Je dis toujours, lorsque je veux provoquer, que je ne suis pas un « homme cultivé ». J’ai toujours considéré la « culture » comme mon ennemi le plus intime. J’ai voulu être normalien et je l’ai été, mais c’était pour lancer immédiatement le grand programme de révolution culturelle, c’est-à-dire pour déraciner la culture. Pourquoi ai-je été maoïste? Parce que dans la décision en seize points du président Mao Tsé Toung, celui-ci proposait de déraciner le concept de culture. Nihilisme, certes. Mais, lorsque j’ai voulu m’arracher à ce nihilisme, je ne pouvais plus que retourner au Livre. Et je ne pouvais pas m’arrêter au Livre comme simple figure de la culture, la mienne, juive.
(…)
Les livres peuvent être des degrés d’une ascension vers le Livre, la culture peut être une éducation pour la vérité, un propédeutique. Quand j’étudie une guemara, tous les livres que j’ai lus, qui ont compté pour moi, sont convoqués, certes. Mais j’ai vu de mes yeux de grands maîtres qui n’avaient pas besoin de ce circuit pour dire les choses avec la plus grande fécondité. Il n’est pas nécessaire, pour aller au Livre, à sa fécondité, à ses fruits, de passer par la dissémination des livres.

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