Le juste milieu selon Maïmonide

(reprise d’un vieux billet sur Cerca blogue!)

[La Loi] a défendu tous les mets illicites, les passions illicites, la prostitution… toutes ces mesures, Dieu les a ordonnées uniquement pour que nous nous tenions très éloignés de l’extrême de la volupté et que nous abandonnions le juste milieu pour nous porter un peu dans le sens de l’insensibilité, juqu’à ce que la tendance à la continence se soit fortifiée en nos âmes.

Shemoneh pirqim lehaRambam = les huit chapitres (Introduction à la Michna Avot) / de Maïmonide

Pirqé-Aboth = Les Maximes des Pères ; Shemoneh pirqim lehaRambam = les huit chapitres (Introduction à la Michna Avot) / de Maïmonide (Rabénou Moché ben Maïmon ou RAMBAM), traduit de l’arabe par Jules Wolff.- Paris : Colbo, 1992 [1974].

Chapitre IV (Du traitement des maladies de l’âme).

Les bonnes actions sont celles qui, gardant le juste milieu, sont également éloignées des deux extrêmes, lesquels sont tous deux un mal, l’un pêchant par excès et l’autre par défaut; les vertus sont des dispositions de l’âme et des habitudes acquises tenant le milieu entre deux dispositions mauvaises dont l’une pêche par excès et l’autre par défaut. De ces (différentes) dispositions résultent ces actions (diverses). Ainsi la continence (= chasteté) est une disposition qui tient le milieu entre la passion et l’insensibilité ou l’indifférence…

les hommes vertueux ne maintenaient pas leurs âmes dans une disposition d’équilibre absolu, mais ils penchaient un peu tantôt vers l’excès, tantôt vers le défaut, par mesure de précaution, je veux dire qu’ils s’écartaient un peu, par exemple, de la continence vers l’insensibilité…

S’il est vrai qu’à certaines époques quelques hommes vertueux penchèrent dans leur conduite vers l’un des extrêmes, s’imposèrent des jeûnes et des veilles, s’abstinrent de manger de la viande, de boire du vin, d’avoir commerce avec une femme, se vêtirent de laine et de poil, habitèrent les montagnes et se retirèrent dans les déserts, ils ne firent rien de tout cela qu’à titre de traitement, comme nous l’avons mentionné, et aussi en raison de la corruption des gens de la ville.

Mais en quoi celui-ci (l’abstème) a-t-il donc péché envers lui-même ? En se privant de vin. Et dans ces termes [de la Loi] n’y a-t-il pas [les prémisses] d’un raisonnement a fortiori ? Si celui qui s’est privé de vin a besoin d’expiation, à plus forte raison celui qui se mortifie, en se privant de tout.

[La Loi] a défendu tous les mets illicites, les passions illicites, la prostitution; elle a imposé le contrat [de mariage] et celui des fiançailles; et, même avec toutes ces dispositions, elle n’a pas permis le commerce sexuel en tous temps, mais l’a interdit aux époques de l’impureté mensuelle et de l’accouchement et, par surcroît, nos docteurs ont prescrit de restreindre le commerce sexuel et l’ont défendu pendant le jour, comme nous l’avons exposé dans le traité de Sanhédrin, toutes ces mesures, Dieu les a ordonnées uniquement pour que nous nous tenions très éloignés de l’extrême de la volupté et que nous abandonnions le juste milieu pour nous porter un peu dans le sens de l’insensibilité, juqu’à ce que la tendance à la continence se soit fortifiée en nos âmes.

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