Nietzsche et sa moustache

Aurore, 381:

l’homme le plus paisible et le plus raisonnable, pour le cas où il aurait une grande moustache, pourrait s’asseoir en quelque sorte à l’ombre de cette moustache et s’y asseoir en toute sécurité, – les yeux ordinaires voient en lui les accessoires d’une grande moustache, je veux dire: un caractère militaire qui s’emporte facilement et peut même aller jusqu’à la violence – et devant lui on se comporte en conséquence. (trad. H. Albert)

(La barbe est un voile, la moustache un masque.)

Il est à peu près impossible de résister à y reconnaître un autoportrait et de se dire: « Ah, je comprends le pourquoi de cette monstrueuse moustache, de cette moustache à faire de l’ombre… ». Un pas de plus et l’on reconnaîtrait dans ce portrait physico-moral le fin mot de l’oeuvre elle-même.

(cité par R. Enthoven la semaine dernière)
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