Simone de Beauvoir sur Claude Lanzmann (La Force des choses, tome II)

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Pour se définir, il disait d’abord : je suis juif.

(…)

Enfant, il l’avait vécue d’abord dans l’orgueil : « On est partout », lui disait fièrement son père en lui montrant la carte du monde. Quand, à treize ans, il avait découvert l’antisémitisme, la terre avait tremblé, tout avait craqué. (…) Il se rétablit dans l’orgueil, grâce à son père, un résistant de la première heure. Lui-même, il organisa un réseau au lycée de Clermont-Ferrand et à partir d’octobre 43 se battit dans le maquis. Ainsi son expérience ne lui découvrit-elle pas dans les Juifs des humiliés, des résignés, des offensés mais des lutteurs.

(…)

Parfois le matin, après des rêves agités, il se réveillait en me criant : « Vous êtes tous des kapos ! »

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