Simone Weil, quelques citations politiques

La civilisation européenne est une combinaison de l’esprit d’Orient avec son contraire, combinaison dans laquelle l’esprit d’Orient doit entrer dans une proportion assez considérable. Cette proportion est loin d’être réalisée aujourd’hui. Nous avons besoin d’une injection d’esprit oriental.

  • Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n’a aucun contenu. (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, 1934)
  • L’Église commet un abus de pouvoir quand elle prétend contraindre l’amour et l’intelligence à prendre son langage pour norme. Cet abus de pouvoir ne procède pas de Dieu. Il vient de la tendance naturelle de toute collectivité, sans exception, aux abus de pouvoir. (Mon dialogue avec Simone Weil, Joseph-Marie Perrin, Simone Weil, éd. Nouvelle Cité, coll. Rencontres, 1995)
  • La civilisation européenne est une combinaison de l’esprit d’Orient avec son contraire, combinaison dans laquelle l’esprit d’Orient doit entrer dans une proportion assez considérable. Cette proportion est loin d’être réalisée aujourd’hui. Nous avons besoin d’une injection d’esprit oriental. (« À propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français » (1943))
  • L’hitlérisme consiste dans l’application par l’Allemagne au continent européen, et plus généralement aux pays de race blanche, des méthodes de la conquête et de la domination coloniales. (« À propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français » (1943)
  • Je n’oublierai jamais le moment ou, pour la première fois, j’ai senti et compris la tragédie de la colonisation. […] Depuis ce jour, j’ai honte de mon pays. Depuis ce jour, je ne peux pas rencontrer un Indochinois, un Algérien, un Marocain, sans avoir envie de lui demander pardon. Pardon pour toutes les douleurs, toutes les humiliations qu’on lui a fait souffrir, qu’on a fait souffrir à leur peuple. Car leur oppresseur, c’est l’Etat français, il le fait au nom de tous les Français, donc aussi, pour une petite part, en mon nom. C’est pourquoi, en présence de ceux que l’Etat français opprime, je ne peux pas ne pas rougir, je ne peux pas ne pas sentir que j’ai des fautes à racheter. (« Qui est coupable des menées antifrançaises » (1938))
  • Il n’y a pas de « France éternelle », tout au moins en ce qui concerne la paix et la liberté. (…) On prétend que Napoléon a propagé, les armes à la main, les idées de liberté et d’égalité de la Révolution française ; mais ce qu’il a principalement propagé, c’est l’idée de l’État centralisé, l’État comme source unique d’autorité et objet exclusif de dévouement ; l’État ainsi conçu, inventé pour ainsi dire par Richelieu, conduit à un point plus haut de perfection par Louis XIV, à un point plus haut encore par la Révolution, puis par Napoléon, a trouvé aujourd’hui sa forme suprême en Allemagne. Il nous fait à présent horreur, et cette horreur est juste ; n’oublions pas pourtant qu’il est venu de chez nous. (« Réflexion sur les origines de l’hitlérisme » (1940))

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