Kevin Kelly : « un seul tissu liquide de mots et d’idées… » (2006)

(Reporté depuis Lettrures le 22 août 2021)

Scan this Book (New York Times, mai 2006) / Kevin Kelly (fondateur de Wired), à propos de Google Books:

«… tous les livres dans le monde deviennent un seul tissu liquide de mots et d’idées interconnectés …»

« …all the books in the world become a single liquid fabric of interconnected words and ideas… »

Kevin Kelly

«Une fois numérisés, les livres peuvent être détaillés en pages ou plus finement encore, en extraits (snippets) de page. Ces extraits seront remixés dans des livres recomposés et des étagères virtuelles.

Lorsqu’ extraits, articles et pages de livres seront doués d’ubiquité, mixables et transférables, des utilisateurs pourront gagner du prestige et peut-être des revenus pour avoir composé (curating) une excellente collection ».

« once digitized, books can be unraveled into single pages or be reduced further, into snippets of a page. These snippets will be remixed into reordered books and virtual bookshelves.

Once snippets, articles and pages of books become ubiquitous, shuffle-able and transferable, users will earn prestige and perhaps income for curating an excellent collection. »

Marc Prensky : Digital Natives, Digital Immigrants (2001)

(Reporté depuis Lettrures le 22 août 2021)

Digital Natives, Digital Immigrants. in On the Horizon (NCB University Press, Vol. 9 No. 5, October 2001)

«Il est très probable que les cerveaux de nos étudiants ont physiquement changé – et sont différents des nôtres – à cause de la façon dont ils ont grandi. Mais que ce soit littéralement vrai ou pas, nous pouvons dire avec certitude que leurs modes de pensée ont changé ».

«Les « Indigènes Numériques (Digital Natives) sont habitués à recevoir l’information très rapidement. Ils aiment procéder en parallèle et en multi-tâches … Ils préfèrent un accès aléatoire (comme l’hypertexte). Ils fonctionnent mieux lorsqu’ils sont en réseau. Ils se nourrissent de gratification instantanée et de récompenses fréquentes. Ils préfèrent les jeux au travail « sérieux » ».

«Nos instructeurs Immigrants Numériques, qui parlent une langue morte (celle de l’âge pré-numérique), ont du mal à enseigner à une population qui parle une langue entièrement nouvelle».

Marc Prensky

« it is very likely that our students’ brains have physically changed – and are different from ours – as a result of how they grew up.  But whether or not this is literally true, we can say with certainty that their thinking patterns have changed. »

« Digital Natives are used to receiving information really fast.  They like to parallel process and multi-task.  They prefer their graphics before their text rather than the opposite. They prefer random access (like hypertext). They function best when networked.  They thrive on instant gratification and frequent rewards.  They prefer games to « serious » work. »

« our Digital Immigrant instructors, who speak an outdated language (that of the pre-digital age), are struggling to teach a population that speaks an entirely new language. »

Nicholas Carr : Is Google making us stupid ? (2008)

(Reporté depuis Lettrures le 22 août 2021)

The Atlantic, juillet-août 2008:

« Comme … Marshall McLuhan l’a fait remarquer dans les années 60, les médias ne sont pas seulement des canaux d’information passifs. Ils fournissent la substance de la pensée, mais ils mettent aussi en forme le processus de pensée. Et ce que le net semble faire, c’est éroder ma capacité de concentration et de contemplation. »

« Dans les espaces tranquilles ouverts par la lecture soutenue, sans distraction, d’un livre … nous faisons nos propres associations, nous produisons nos propres inférences et analogies, nous fondons nos propres idées. La lecture en profondeur (deep reading)… est indiscernable de la pensée profonde (deep thinking).

Si nous perdons ces espaces silencieux, ou de les remplir avec des « contenus », nous allons sacrifier quelque chose d’important, non seulement en nous-mêmes, mais dans notre culture. »

« As the media theorist Marshall McLuhan pointed out in the 1960s, media are not just passive channels of information. They supply the stuff of thought, but they also shape the process of thought. And what the Net seems to be doing is chipping away my capacity for concentration and contemplation. »

« The kind of deep reading that a sequence of printed pages promotes is valuable not just for the knowledge we acquire from the author’s words but for the intellectual vibrations those words set off within our own minds. In the quiet spaces opened up by the sustained, undistracted reading of a book, or by any other act of contemplation, for that matter, we make our own associations, draw our own inferences and analogies, foster our own ideas. Deep reading … is indistinguishable from deep thinking.

If we lose those quiet spaces, or fill them up with “content,” we will sacrifice something important not only in our selves but in our culture. »

Borges, sur la lecture et l’écriture (suite)

(Reporté depuis Lettrures le 22 août 2021)

Prologue à la première édition de la Historia Universal de la Infamia (1935):

Leer, por lo pronto, es una actividad posterior a la de escribir: más resignada, más civil, más intelectual.

Ce que Roger Caillois traduit en:

Lire est, d’abord, un acte postérieur à celui d’écrire; plus résigné, plus courtois, plus intellectuel.

Un peu plus haut dans ce court prologue:

A veces creo que los buenos lectores son cisnes aun más tenebrosos y singulares que los buenos autores.

Soit dans le français de Caillois:

Je pense parfois que les bons lecteurs sont des oiseaux rares encore plus ténébreux et singuliers que les bons auteurs.

Borges: « Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits… »

(Reporté depuis Lettrures le 22 août 2021)

Après quelques tribulations, j’ai enfin pu sourcer cette citation qu’on trouve un peu partout sur le web francophone, non sourcée:

Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits moi je suis fier de ceux que j’ai lus !

Ce sont les deux premiers vers de « Un lector », l’avant dernier poème d’« Elogio della sombra » (qui est aussi le titre d’un court chef-d’oeuvre de Junichiro Tanizaki), un recueil de 1969:

Que otros se jacten de las páginas que han escrito;
a mí me enorgullecen las que he leído