Les damnées de Pise

Pisa, camposanto

Le diable est très laid et effrayant mais bien plus terrifiant ce détail du jugement dernier où l’on voit les damnés happés par les flammes de l’enfer.

Ce qui attire d’abord mon regard, ce sont les gestes et attitudes des deux reines du milieu, l’expression d’effroi et de pitié de la reine de gauche mais surtout l’essai désespéré que fait la reine de droite de retenir sa voisine qui est déjà tirée par les hanches vers la fournaise et les supplices, ce geste altruiste.

Ce ne sont que des femmes qui sont tirées, les damnés mâles sont à gauche, comme en attente, elles sont tirées par les hanches, presque par le sexe dirait-on. Leurs visages sont déformés par leurs cris, leur peur ou leur douleur.

Je pense à d’autres opérations de tri, à d’autres séparation et d’autres flammes. Et ce qui m’horrifie le plus est de les voir en quelque sorte mises sous l’autorité du dieu de justice…

San Michele

(repris de Cercablogue)

François Villon: Ballade pour prier Notre Dame

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3e couplet (texte complet):

Femme je suis pauvrette et ancienne,
Qui rien ne sait ; oncques lettre ne lus.
Au moutier vois, dont suis paroissienne,
Paradis peint, où sont harpes et luths,
Et un enfer ou damnés sont boullus :
L’un me fait peur, l’autre joie et liesse.
La joie avoir me fais, haute Déesse,
A qui pécheurs doivent tous recourir,
Comblés de foi, sans feinte ni paresse :
En cette foi je veux vivre et mourir.

(En complément d’un billet précédentmàj 181123)