Le silence d’Ezra Pound (Guy Davenport)

Connaissez-vous Guy Davenport? Moi non plus (je suppose une réponse négative: si vous l’aviez connu, vous en auriez parlé!), jusqu’ il y a peu. Jusqu’à ce que je commande The Geography of the Imagination, attiré par le titre puis confirmé par une rapide enquête sur l’auteur[1] (je ne peux pas me rappeler le maillon précédent, ce qui m’a mis le nez sur ce titre).

Pas déçu: 40 essais courts et lumineux.

Exemple:

« Il [Ezra Pound] pouvait passer des journées entières sans dire un mot.

Une douce soirée d’août, après que nous soyons tous allé nager et que miss [Olga] Rudge[2] nous aient invités, le cinéaste Massimo Bacigalupo, l’archéologue Steve Diamant et moi, à diner avec elle et Pound dans leur trattoria favorite sur les collines de San Ambrogio, le vieux poètes brisa des heures et des heures de silence pour dire: « Il existe une pie en Chine qui peut retourner un hérisson et le tuer. »

Le silence était à présent le nôtre. Miss Rudge, maîtresse en toutes circonstances de la situation, reprit alors: « Où donc« , rit-elle, « avez-vous trouvé quelque chose d’aussi érudit? »

« Dans le dictionnaire de Giles[3]« , dit-il, avec une étincelle de malice dans les yeux. Puis il me regarda, et retourna dans son silence jusqu’une bonne heure plus tard, au dessert, lorsqu’il dit: « S’il y a une chose que vous ne devez pas commander ici, c’est le café. »

La pie chinoise, dans mon souvenir, garda son secret jusqu’au lendemain. Steve, Massimo et moi l’élucidâmes, avec l’aide de miss Rudge. Trois jours avant j’avais donné à Pound une copie de ma traduction d’Archiloque. C’était au fragment sur le Hérisson et le Renard qu’il avait fait allusion, et c’était sa façon de reconnaître qu’il avait lu la traduction. Il l’avait lue à miss Rudge, et nous apprîmes ainsi que le silence s’interrompait la nuit, lorsqu’il aimait lire à voix haute. »

L’anecdote est tiré d’un essai de 1973, « Ezra Pound 1885-1972 », une sorte de tombeau d’Ezra Pound, court de 8 pages dans le recueil que j’ai sous les yeux, où je trouve les éclaircissements synthétiques les plus remarquables sur l’entreprise de Pound et sur sa vie.

notes:

  1. http://en.wikipedia.org/wiki/Guy_Davenport
  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Olga_Rudge
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Herbert_Giles

Une réflexion sur “Le silence d’Ezra Pound (Guy Davenport)

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