Arabes et Musulmans

Retrouvé avant-hier soir, en testant des feuilles de style, une citation que je cherche depuis des mois dans les mauvais livres et que j’avais relevée en septembre 1999!
Elle illustre bien la dualité de l’expansion de l’Islam, à la fois le fait, ethnique, des Arabes et de peuples qui se sont associés à eux et le fait d’une religion universelle qui ne fait pas acception de nation.
Naipaul néglige complètement, il me semble, cette réalité fondatrice dans ses appréciations de l’Islam non arabe.
Voir la citation dans les notes de lecture (septembre 1999).

Mondzain chez Meddeb

Carnets d’Afrique / Miquel Barcelò, p. 90

Traverser l’obscurité et laisser une trace de lumière.
La bicyclette qui a une lumière à l’arrière et pas à l’avant.
L’artiste qui mange l’obscurité et défèque la lumière.

Exocet/ Joëlle Basso

Reçu ce matin (à suivre).

Le temps arabe de l’astronomie & un échange sur les origines de la science moderne

Encore une émission remarquable chez Abdelwahab Meddeb. Dimanche il recevait George Saliba, professeur à Columbia University, pour une point sur l’astronomie dans la culture islamique (j’aime particulièrement la façon dont Meddeb dit ça: « le temps arabe de l’astronomie » – avec cette précision que « arabe » désigne ici la langue de culture dominante et non l’ethnie). En gros, les savants arabo-musulmans ont complété l’édifice ptolémaïque, y compris en en critiquant les points faibles, en utilisant de nouveaux outils mathématiques inconnus des Grecs (il me semble de plus en plus évident que l’apport essentiel et original des arabo-musulmans à la science, ie à la civilisation, est mathématique). Si le pas képlerien n’a pas été fait (George Saliba montre que la « révolution copernicienne » est plus du domaine des représentations que purement scientifique: le décentrement de la terre est chez Copernic une réorganisation des données aristotélo-ptolémaïques), le corpus a été prêt pour Galilée-Kepler-Newton, avec sa mathématique et l’indication des points faibles (ainsi cette critique de la notion aristotélicienne d’éther comme substance simple et pourtant porteuse d’étoiles).

Autre point important évoqué dans l’émission: l’histoire de l’astronomie arabo-musulmane infirme les deux thèses invoquées pour expliquer la décadence musulmane: ni la synthèse « fermante » de Ghazali, ni la prise mongole de Bagdad en 1258 n’ont arrêté le progrès de la science astronomique.

En complément, un échange, entre 1999 & 2002, entre George Saliba (Columbia University) et Toby E. Huff (Cambridge) à propos du compte-rendu par GS du livre de TEH: Seeking the Origins of Modern Science? (1993), dans le Bulletin of the Royal Institute for Inter-Faith Studies, articles consultables en ligne sur le site du Royal Institute for Inter-Faith Studies (Jordanie).

L’échange est mis également en ligne sur le site de l’intéressante famille égypto-canadienne, les Baheyeldin.
Par ailleurs, sur le site de George Saliba à CU, une étude de ce dernier sur la transmission des idées mathématiques et astronomiques du monde islamique à l’Europe renaissante pendant la fin du 15e et le 16e siècle: « Whose Science is Arabic Science in Renaissance Europe? »

Mosquées d’Istanbul

Les mosquées sont comme des piscines. Tu pries comme tu nagerais, au milieu de la mosquée, sous la grande coupole. La prière musulmane est un enchaînement de mouvements, comme une nage. Un enchaînement coordonné de mouvements, une discipline du souffle, une gymnastique. Je vais au milieu de la mosquée, sous la grande coupole, comme je plongerais dans le bassin et je fais des séquences comme je ferais des longueurs, en comptant. Et je retourne sur les côtés, je m’assois contre un pilier ou dans l’ouverture d’une fenêtre comme je m’allongerais sous le soleil. Là dans l’ombre, en retrait, je suis comme sous un soleil, un soleil de paix.

Fazil Hüsnü Daghlarca (1914 – ) – trad. Ahmet Soysal.

Kocaman

Bazan azalarnïm büyür,
Gece içinde, gam içinde.
Dinlerim sessizlighin sonsuzlughundan,
Devler merhabasïnï.

Sïhhatim, bashka sïhhatlere karshï, ashk ile,
Havada uyanmïsh kadar;
En eski bahçekerin mevsiminden,
Bahtiyar.

Kuzularla dolmush koyun sürüleri gibi,
Gittikçe beyaz zamanï;
Ayaklarïm daghlarla, ellerim rüzgarlarla,
Kocaman!

Immense (1943)

Parfois mes membres grandissent,
Dans la nuit, dans l’affliction,
J’écoute depuis l’infini du silence,
Le bonjour des géants.

Ma santé, en face d’autres santés, avec amour,
Autant que réveillée dans l’air;
De la saison des plus anciens jardins,
Heureuse.

Comme les troupeaux de moutons remplis d’agneaux,
De plus en plus blanc est son temps;
Mes pieds avec les montagnes, mes mains avec les vents,
Immenses!

Anthologie sonore de la pensée française.- Frémeaux et associés INA, 2003

Site de Frémeaux & Associés: http://www.fremeaux.com/index.html. On y trouve, en sus du catalogue, un « manifeste vert » sur la diffusion du patrimoine sonore et contre l’allongement du domaine protégé aux dépens du domaine public. On ne parle pas beaucoup de ce projet de privatisation du patrimoine culturel dont l’importance stratégique est cependant considérable.

Conférence, n° 18, printemps 2004

La revue Conférence, n° 18, printemps 2004. Parce que j’avais besoin de lecture (je n’expliquerai pas, c’est un peu douloureux). Numéro sur le songe, beau papier bibles, gravures et photographies, quelque chose que je ne trouverais pas à Nice (encore un critère).

Carnets d’Afrique / Miquel Barcelò.- Le Promeneur, 2003

Carnets d’Afrique / Miquel Barcelò.- Le Promeneur, 2003. A cause de la cursivité des dessins et pour le début (plus que la 4ème de couverture, c’est l’incipit qui décide de mes achats):
Je suis à Gao et j’ai une maison sur le fleuve.
Le pire, c’était la traversée Alicante-Oran avec un bateau rempli d’Arabes dormant dans des couloirs pleins d’ordures et de vomi, sans restaurant, et avec une tempête dans la mer.
Non pour le sordide mais pour la justesse. M’a rappelé certaine traversée, je crois vers la Sardaigne, une nuit dormie sur le pont, à la dure, malgré le vent et l’humidité, à cause de l’odeur de vomi partout à l’intérieur du bateau.
La première phrase, je l’ai entendue en parallèle: « Je suis à Goa et j’ai une maison sur le fleuve. » Fantasme tissé de mémoire.

barcelo

(L’image est prise sur le site Cìrculo de lectores.)