Nora, Foucault, Sartre, une anecdote

Entretien entre Pierre Nora et Raphaël Enthoven sur France-Culture en mars 2008:

« Il est arrivé dans mon bureau au moment où j’éditais les Mots et les choses, et on avait mis à l’envers le fameux diagramme des savoirs auquel on ne comprenait rien. Lire la suite

Quevedo (?), lettrure baroque (1626)

El Buscón, prologue:

Je te vois fort désireux, lecteur (ou auditeur : je pense aux aveugles qui ne peuvent lire), d’ouïr les gracieusetés de Don Pablos, prince de la vie friponne.
Tu trouveras ici tous genres de friponnerie — qui est je crois au goût des plus nombreux — : finesses, tromperies avec l’art et la manière — nés de l’oisiveté — de vivre de la fourbe. Tu en tireras bon profit si tu es attentif à la leçon, mais quand bien même tu n’en ferais rien. Eh bien, il te restera les sermons en chaire; je doute, en vérité, que personne achète des livres amusants pour fuir les appétits de sa nature dépravée. Enfin, qu’il en soit comme tu voudras; applaudis ce livre, il le mérite; et quand ses facéties te feront rire, loue l’esprit de qui a su déceler qu’il y a plus de plaisir à connaître des vies de gueux contées gaillardement que toute autre invention plus sérieuse.
Tu sais quel en est l’auteur; le prix du livre ne t’est pas inconnu puisque tu l’as chez toi, à moins que tu ne le feuillettes chez le libraire, pratique nuisible pour lui et qui se devrait proscrire avec la plus grande rigueur, car il est des pique-livres comme des pique-assiettes, et certains trouvent leur compte à lire en plusieurs fois et en plusieurs morceaux, quitte à coudre ensuite le tout ensemble, Et c’est grande pitié que ces mœurs car le pique-livres, par après, critique sans qu’il lui en ait coûté un rouge liard, poltronnerie bâtarde et misère à laquelle le Chevalier de la Tenaille n’a point songé.
Dieu te garde des mauvais livres, des sergents et des femmes blondes, quémandeuses et pleines de malice.
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Nietzsche: l’apparence logique (1887)

Caspar David Friedrich. : Der Wanderer über dem Nebelmeer

Le monde nous apparaît logique, parce que nous l’avons d’abord logicisé.

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L’amnésie infantile, les mots et les choses (César Aira)

Un adulte voit un oiseau voler, et son esprit immédiatement dit « oiseau ». L’enfant cependant voit quelque chose qui non seulement n’a pas de nom mais qui n’est même pas une chose sans nom: c’est (…) un continu sans limite qui participe de l’air, des arbres, de l’heure, du mouvement, de la température, de la voix de sa mère, de la couleur du ciel, de presque tout.

César Aira, A brick wall[1] : l’amnésie infantile[2] Lire la suite

Foucault: La Vérité et les formes juridiques (extraits et notes)

les notes cercamondines

‘’Dits et écrits’’, I, pp. 1406 et suivantes[1] indiqué et cité par Alain de Libera dans son cours du 26 février[2]:

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La méthode de Foucault

les notes cercamondines

Lecture de Foucault: La Vérité et les formes juridiques (1973)

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Emmanuel Faye et Hannah Arendt: égalité

les notes cercamondines

Faye attaque Arendt en montrant qu’elle « récuse l’égalité naturelle entre les hommes ».

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Condillac, la Renaissance et les Grecs

les notes cercamondines

Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, Alain de Libera cite Condillac:

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Iquitos (le docteur Finch)

La Fabrique cercamondine

Le docteur Finch n’était pas quelqu’un de vraiment sympathique, quand on y réfléchissait. Ça n’apparaissait pas tout de suite, sinon par un air un peu de biais. Il ne se livrait pas tout de suite. On lui trouvait juste, d’abord, un air un peu de biais, un demi sourire, la bouche oblique, et puis le cou toujours un peu rentré dans les épaules. Il venait chez la Française avec sa mallette. Il disait: J’ai tout ce qu’il faut là-dedans, tapotait sa mallette. Il venait tous les jours prendre des nouvelles et une fois par semaine faisait l’inspection complète des filles. Torve, il faudrait que je vérifie le sens exact du mot, mais c’est celui qui me vient à l’esprit: il avait un air torve. Il m’a d’abord considéré comme ça, d’un air torve, même pas son demi-sourire oblique, m’a considéré d’en-dessous, méfiant comme un chien battu, je dirais.

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