Leo Strauss on Revelation as Creation

Maverick Philosopher Leo Strauss on Hermann Cohen on Revelation as Creation

Revelation is the continuation of creation since man as the rational and moral being comes into being, i.e., is constituted, by revelation. Revelation is as little miraculous as creation. (Leo Strauss, Studies in Platonic Political Philosophy, U. of Chicago Press, 1983, p. 237.)

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Sauver le monde (commentaire sur Reprises)

En commentaire du commentaire de CJ, « Changer le monde » sur Divine Folie:

« Critique », je proteste. Je faisais état d’une perplexité… je suis d’accord avec l’essentiel de ce que tu dis et ma perplexité tient à des questions sur le périmètre exact de cet accord. « L’écriture littéraire est dans le monde, comme toutes les autres activités sociales ». Certes mais chaque pratique sociale n’a-t-elle pas une façon d’être au monde qui est la sienne, et dans ce cas la façon d’être de la littérature n’est-elle pas d’y être comme « en face » (ce qui est et n’est pas y être comme un juge ou un arbitre)? Ou bien, dit autrement, la littérature n’a-t-elle pas à faire au monde comme un tout? Les points d’interrogation ici ne sont pas rhétoriques.
A ce point de ma perplexité, la question est sur le concept de « monde ». Sous d’autres cieux ou en d’autres temps on parlerait de « créature » ou de « création », ce qui reposerait la question sous un autre angle peut-être fécond (alors la suggestion de Pieper/Platon serait qu’il n’y aurait de littérature qu’infuse de révélation, c’est à dire d’une descente depuis ce qui excède le monde et le fonde… mais je sens tout de suite ce qui t’agace ou te révulse dans ce genre d’assertions…).
Tes 2 citations de Jean posent bien le problème (et une aporie sur quoi je me cogne depuis longtemps). Je suis tenté de résoudre l’aporie en supposant une amphibologie, à savoir que le mot « monde » n’est pas pris au même sens dans un cas et dans l’autre, que dans le premier cas, il s’agit du tout de la création, que dans le second il s’agit du monde social (comme dans « mondain »). Ce sdoppiamento n’est pas tout à fait impertinent, il me semble, mais ne tient pas à la longue, ne serait-ce que parce que le « monde » au sens 1 (dans ta citation 1) est « à sauver », donc maudit ou qqchose comme ça.
– Cependant à bien relire, y a-t-il réellement aporie: il ne nous est pas dit qu’il nous faille aimer le monde mais que D. l’a aimé? Et si l’on veut s’approprier le propos de l’évangéliste, ne peut-on se dire qu’il nous faut aimer le monde depuis l’amour divin du monde, qu’il ne nous faut l’aimer qu’ainsi sauf à s’y engluer, comme tu le dis? (Et Il y aurait bien là un balancement du sens 2 au sens 1.)
Comme je me rends bien compte que je fais là de la mauvaise théologie, j’arrête après avoir noté que ce qui m’apparaît surtout, c’est qu’il est impossible de penser ces questions sans faire référence à la révélation (et c’est ce que j’essayais de pointer avec mes notes du printemps sur Benny Lévy – voir en particulier à la fin du billet lié ici: « ‘Monde commun fondé sur la culture’: c’est cela même que les Maîtres d’Israël ont en vue quand ils nous mettent en garde contre les modes d’existence dans les Nations. »)

Thomas d’Aquin sur la prophètie

« Sans doute en tant que vision du prophète, la prophétie est bien, d’une certaine manière, un acte de l’esprit; mais, eu égard à la lumière qui est reçue brusquement et comme quelque chose qui passe à travers le prophète (comme la lumière solaire à travers l’atmosphère), elle ressemble à une passion. »

(Quaestiones disputatae de veritate, q. 12, a.1 – cité par Josef Pieper)

« Dans la Révélation prophétique, l’esprit du prophète est mû par l’Esprit Saint comme un instrument qui s’abandonne. »

(Somme théologique, q. 171 – cité par Josef Pieper)

De la divine folie / Josef Pieper

De la divine folie: sur le Phèdre de Platon / Josef Pieper; trad. de M. de Gandillac, rev. P. blanc, préf. J.-F. Mattéi.

(voir la citation de C.S. Lewis)

Petit livre (58 pages), de ceux qui se lisent facilement à l’occasion d’un déplacement à Paris ou à Marseille, consacré au fameux passage du Phèdre qui évoque les sources non rationnelles de la connaissance. 4 sources: la prophétie, la purification, la poésie et l’amour (éros).

L’original est en allemand (Begeisterung und göttlichen Wahnsinns), publié en 1963. L’auteur a écrit sur Thomas d’Aquin.

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