Nietzsche: « Der Neue Columbus » (1884)

Amie! – dit Colomb – ne te fie
plus à aucun Génois!
Toujours il regarde dans le bleu –
Le plus lointain l’attire bien trop!

Le plus étranger à présent m’est cher!
Gênes, ça sombre, ça disparaît –
Cœur, reste froid! Main, tient la barre!
Mer devant moi – et Terre? – et Terre? –

Nous tenons fermement sur nos pieds!
Jamais nous ne pourrons revenir!
Regardez devant: de loin nous saluent
Une mort, Une gloire, Un bonheur!

Freundin! – sprach Columbus – traue
keinem Genueser mehr!
Immer starrt er in das Blaue –
Fernstes lockt ihn allzusehr!
 
Fremdestes ist nun mir teuer!
Genua, das sank, das schwand –
Herz, bleib kalt! Hand, halt das Steuer!
Vor mir Meer – und Land? – und Land? —
 
Stehen fest wir auf den Füßen!
Nimmer können wir zurück!
Schaun hinaus: von fernher grüßen
Uns Ein Tod, Ein Ruhm, Ein Glück!

Nietzsche, le nouveau Colomb, est ici plus l’Ulysse de Dante que le Colomb historique qui, lui, reviendra. Et si le Génois fut baratineur, il trompa ses marins d’une tromperie moins fatale que celle d’Ulysse à ses compagnons. Le regard de Colomb cherchait dans le bleu la terre de Cipangu et peut-être le Paradis Terrestre, celui d’Ulysse cherche, plus ultra, l’inconnu au-delà des limites.

Et je songe aux 3 métamorphoses, je me dis que cette terre attendue, cette terre qui tarde à apparaître, c’est l’enfant joueur que Nietzsche n’est pas parvenu à être.

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