Les tombes corses, Sebald, Arendt

sur la route entre Poretta et Corti

Sebald (Campo Santo)

On trouve ainsi partout, da paese a paese, des petites demeures pour les morts: chambres funéraires et mausolées, ici sous un châtaignier, là dans une oliveraie pleine de lumière mouvante et d’ombre, au milieu d’un lit de citrouilles, dans un champ d’avoine ou sur un coteau envahi par le feuillage plumeux de l’aneth jaune-vert. Dans de tels lieux, qui sont souvent particulièrement beaux et offrent une bonne vue sur le territoire de la famille, le village et le reste des terres locales, les morts étaient toujours en quelque sorte chez eux, n’étaient pas envoyés en exil et pouvaient continuer à veiller sur les limites de leur propriété. Lire la suite

Le concert des oiseaux (Vinciane Despret: Habiter en oiseau)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ea/Conference_of_the_birds.jpg

Le merle avait commencé à chanter. Quelque chose lui importait et plus rien d’autre, à ce moment-là, n’existait que le devoir impérieux de donner à entendre. Saluait-il la fin de l’hiver ? Chantait-il sa joie d’exister, de se sentir revivre ? Adressait-il une louange au cosmos ? Les scientifiques ne pourraient sans doute pas l’énoncer de cette manière. Mais ils pourraient affirmer que toutes les forces cosmiques d’un printemps naissant ont offert au merle les premières conditions de sa métamorphose.

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John Cage: Les champignons et la mort du Bouddha

John Cage

le monde serait un tas impraticable de vieux déchets si n’existaient pas les champignons et leur capacité à nous en débarrasser.

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Tolstoï: 4 catégories de travailleurs pour l’œuvre de Dieu

Il y a quatre catégories de travailleurs pour Dieu, c’est-à-dire quatre manières d’accomplir l’œuvre de vie, de même qu’il peut y avoir quatre catégories de travailleurs chez un patron Lire la suite

Journal de Kafka (VII,82)

chez Laurent Margantin

François Ricci, Aristote et l’olivier (3 remémorations pour 1 souvenir)

décembre 2020

Il y a des lacunes dans mon souvenir. J’étais allé le voir pour lui dire que j’abandonnais mon projet de maîtrise sur Hegel et Marx. Lire la suite

Nietzsche, la séduction des mots (Jenseits… § 16)

Caspar David Friedrich. : Der Wanderer über dem Nebelmeer

Il y a toujours encore d’inoffensifs introspectifs qui croient qu’il y a des « certitudes immédiates », par exemple « je pense », ou, comme c’était la superstition de Schopenhauer, « je veux »: comme si ici la connaissance obtenait de saisir son objet pur et nu, comme « chose en soi », et que ni du côté du sujet ni du côté de l’objet n’intervenait de falsification. Que cependant « certitude immédiate », tout comme « connaissance absolue » ou « chose en soi », enferment en soi une contradictio in adjecto, je le répèterai sans arrêt: c’est qu’il faut enfin se libérer de la séduction des mots. Lire la suite

Gilles Deleuze: discussion et conversation

Qu’est-ce que la philosophie ? (1991):

le philosophe a fort peu le goût de discuter. Tout philosophe s’enfuit quand il entend la phrase : on va discuter un peu. Les discussions sont bonnes pour les tables rondes, mais c’est sur une autre table que la philosophie jette ses dés chiffrés. Lire la suite

Franz Rosenzwzeig, « langue écrite » et traduction (Die Schrift und Luther, 1926)

Les langues peuvent pendant des siècles être accompagnées de l’écrit, sans qu’il surgisse ce qu’on désigne avec la très curieuse expression de « langue écrite » […] Lire la suite

Nietzsche: « Der Neue Columbus » (1884)

Amie! – dit Colomb – ne te fie
plus à aucun Génois!
Toujours il regarde dans le bleu –
Le plus lointain l’attire bien trop! Lire la suite